avr 042014
 

Aujourd’hui un peu d’histoire ! À Paris, il y a un club de jazz assez connu qui s’appelle le baiser salé. Jusqu’ici je ne savais pas pourquoi. Mais saviez vous qu’au Moyen Age, le « baiser salé » désignait (faute de pouvoir identifier le mal) la mucoviscidose ?

Malheur à l’enfant chez qui un baiser sur le front laisse un goût salé. Il est ensorcelé et doit bientôt mourir.

Ce « goût salé » est en rapport avec la cause directe de la mucoviscidose. Cette maladie provoque l’altération d’une protéine responsable (mais pas coupable !) de la régulation du chlore à travers les membranes cellulaires. Dans notre cas, cette protéine n’est pas produite, ou en quantité insuffisante.

Il en résulte plusieurs manifestations :

  • les ions chlorure sont retenus à l’intérieur des cellules epithéliales (que je décrirai une autre fois). C’est ce mécanisme qui provoque l’épaississement du mucus.

  • sueur anormalement salée, c’est à dire chargée en chlore, sodium et potassium. Le test de la sueur est d’ailleurs le premier moyen de dépistage, systématisé chez les nouveaux nés depuis 2002.

Une conséquence directe de ces dysfonctionnements est un risque de déshydratation pendant les fortes chaleurs. On trouve ici des mécanismes généralement connus des sportifs d’endurance longue (non, au delà du marathon, ce n’est plus un pléonasme !) : on oublie souvent que la perte de sel est significative par la sueur, et que le sel, c’est important pour que les cellules fonctionnent !

On peut être confronté à ce problème avec ces 2 facteurs :

  • je cours longtemps, et je prends des gels très concentrés en sucre pour éviter l’hypoglycémie (ces gels sont d’ailleurs rarement prévus pour des efforts de plusieurs heures, comprendre 10 à 20h d’affilé, voire bien plus !)

  • je bois parce que je cours, je rebois parce qu’il fait chaud, je bois encore pour pas oublier, je bois pour oublier que je bois,…

Et à la fin ? On finit par « diluer » dans le sang une quantité de plus en plus faible de sel, et on tombe en hyponatrémie.
Pour compenser ce phénomène (et le dégout du sucré qui finit toujours par se produire), noix de cajou, Tuc, fromage, jambon-beurre,… sont les amis des trailers !

Bon mais un concept à la fois, et j’en ai déjà amené 3 ou 4 autres ! J’espère que cet article n’est pas trop superficiel : en tous cas ces quelques lignes ont été compliquées à rédiger !

  2 Responses to “[En 2′] La malédiction du baiser salé”

  1. Toujours super ! Merci pour ces éclaircissements !

  2. Félicitations pour ta constance dans la recherche d’information (qui ne m’étonne pas!). Je suis « accro » à la lecture de ces petits articles quotidiens et instructifs, qui n’en sont pas moins toniques et encourageants !

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