mai 262014
 

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Dimanche, j’ai couru avec mon comparse William la Paris-Saint Germain. Nu-Pattes. Une course que je n’inscris dans aucun programme : je m’y suis mis pour me garantir une sortie longue. Objectif atteint, puisque nous avons couru 32km TTC, dont 20km nets pour la course. La qualité du parcours ne gâche rien. Bref, une course pour le plaisir, et un peu le fun aussi !

Et moi, ce que j’adore quand ne cours pieds nus, c’est ce que je peux entendre…

Comment j’ai oublié mes pompes… Vraiment !

Le parcours est juste top. La météo était divine. On sort de Boulogne, on grimpe au Monval, on redescend vers la Seine, on suit une boucle jusqu’à St Germain, et on remonte pour finir en apothéose devant l’esplanade du château.

Vu le temps, aucune hésitation : je reste sur mon projet de tenter la course pieds nus. Un challenge : cela fait très longtemps que je n’ai pas couru plus de 15km pieds nus (et ce, paradoxalement, malgré le fait que tous mes entrainements sont réalisés dans le plus simple appareil… d’un point de vue pédestre !). De plus je ne connais pas le parcours ni la nature du terrain. Qu’à cela ne tienne, je prépare la veille les fidèles sandales, que je compte garder à la ceinture, au cas où. Sauf qu’au moment de partir (à 6h30 un dimanche matin, ça c’est cadeau), ben… J’ai oublié ce détail !

Me voilà donc sans filet ! J’ai une confiance sans faille en mes petons, mais j’avoue que j’appréhende tout de même un peu . Vendredi, grosse séance estivale. N’étant plus habitué au tartan chaud (et ça chauffe vite et fort le tartan), 2 ampoules se sont installées. Rien de méchant malgré la taille : elles ont dégonflé dans l’après-midi du vendredi. Je me dis que ça va tenir. De toute façon, hors de question de reculer, ni de prendre mes vraies chaussures (que j’avais pour le retour).

- Eh, tu vas tenir les 20km pieds nus ?
– Je ne sais pas, on en reparle à l’arrivée ? De toute façon, il faudra bien :D

Un parcours exigeant pour les nu-pattes

20140526-112938-41378021.jpgQui a déjà marché pied nus dans la rue (ne serait-ce que quelques mètres, en vacances) sait qu’il y a différents bitumes. Mais il faut les avoir pratiquer pour détecter les fourbes, les revêches mais sympa, les très méchants, les vrais gentils,… Sur la PSG, on les a TOUS !

Ça démarre dans le bois de Boulogne. Là, ça va, c’est mon terrain de jeu du midi : je connais par coeur. Et puis c’est le début de la course. On discute avec Will, mais dans la 1ère montée les propos se raréfient. J’essaye d’etre clément avec mes coussinets et essaye vaguement de poser les pieds sur le marquage au sol. Mais c’est compliqué, ça m’ennuie : the hell with this, je suis Nu-Pattes, et c’est pas du beau bitume tout neuf qui va me faire peur !!!

Me rappelant la Corrida de Noël lorsque je débutais dans le nupattisme, je m’économise dans la descente. Comprendre : petites foulées très courtes en essayant de limiter au maximum les frottements. C’est une technique délicate qui oblige à ne pas retenir l’élan au moment de l’impact, mais progressivement au cours du mouvement de la foulée. Ça fonctionne très bien. De retour sur le plat, je me repose sur une foulée plus détendue.

- Eh, regardez ! Il fait la course à pieds !
tous en choeur Mais on la fait TOUS à pieds !

Les choses sérieuses…

De fil en aiguille, on se rapproche de la Seine. On sent bien qu’on a quitté l’environnement urbain de Paris, du Monval. Petit passage sur des pavés. On arrive au 10è km. Un petit gel Gu qui était offert (décidément, je ne les apprécie pas : trop gros, pâteux…), j’attrape un gobelet,… Et full stop ! « Will, pars devant, je te rattrape ! »

En cause ? Un changement radical de terrain ! Je décide donc de boire mon gobelet tranquillement pour n’avoir ensuite que la course à gérer. Je fais même demi-tour pour 20m et jeter le gobelet dans la poubelle. Je repars, finalement ce n’est pas si terrible, c’est un chemin en stabilisé. Comme souvent il suffit de serrer les dents et très vite la pose de pieds s’adapte au terrain. Nous poursuivons notre route.

Au 12è, nous arrivons sur un bitume de fakir : très vieux, très sec, très piquant. Ici, il l’est impossible de maintenir l’allure. Je pose les pieds le plus à plat possible pour répartir dès le contact le poids du corps sur toute la surface (le tout sans talonner, ce qui demande un peu de pratique !). Ma course prend des allures de marche rapide, avec un temps de suspension très court. J’essaye de me distraire en regardant les maisons magnifiques qui bordent la Seine, mais je n’y arrive pas trop, je reste focalisé sur la route en écoutant ce qui se raconte autour de moi.

- (Moi, pensant tout haut…) Allez, c’est bientôt fini !
(un coureur) Attends, il y a encore 7km et la côte !- Hmmmouais mais on n’a pas les mêmes problématiques : la côte j’en fais mon affaire ;o)
– … (regard sur mes pieds, il comprend…)
(Un autre, horifié) Eh tu sais qu’il y a des cailloux à l’arrivée ?!
(oui, je sais…) Oh les salauds ! Bon, tu vas plus vite que moi, tu les retires en arrivant stp ?

Le meilleur pour la fin

Enfin on aperçoit la colline de St Germain. Après les somptueuses maisons, nous passons à côté de la très smart British School of Paris (je crois que les enfants Beckham sont là-bas, et combien d’autres illustres noms…). Le parcours reste exigeant pour les pieds. Je cours un peu dans l’herbe sur le bord, mais je n’y suis pas à l’aise (on ne voit pas sur quoi on court). Je reste donc plutôt sur le chemin.

- (un coureur) Oh la vache, il s’est fait dépouiller !
(moi) Eh oui, même à St Germain en Laye, qui l’eût cru !
(Will) Nan mais c’est à cause de Jérôme, tant qu’il a pas rendu l’argent on n’a qu’une paire pour 2 !

16è, 17è, 18è. Ça sent l’écurie ! Retour sur le bitume, on passe au-dessus de la Seine. Je sais que Will n’a pas beaucoup de marge, je monte donc en faisant attention à sa respiration. Je reste 5-6 mètres devant, pas trop loin pour qu’il accroche. Je ne pense pas à l’arrivée, je sais qu’elle risque d’être très délicate ! Ca grimpe longtemps, une côte tout de même assez prononcée. J’encourage les gens autour de moi, certains sont à la peine, mais c’est dommage, la délivrance est proche !

Enfin nous arrivons en haut. Quelques pavés, un rond point. L’entrée du parc est en vue. On accélère, on franchit les barrières. Et des cailloux, il y en a ! Le pire des sols, en stabilisé, avec des pierres bien saillantes ! Je n’en mène pas large, mais soigne les apparences. Will s’est bien entendu envolé, mais il est sport : il m’attend à quelques centimètres de la ligne d’arrivée ! Ces quelques mètres auront été douloureux, mais le plaisir d’avoir terminé compense largement ! Nous franchissons la ligne Will et moi, après 1h42’35 » de jolie promenade !

Au final, quelques passages un peu douloureux, rien d’insurmontable (même la fin, qui a été trop courte pour que je m’adapte au nouveau terrain : mais cela serait sans doute passé sans problème). Mes craintes relatives aux ampoules du vendredi se sont avérées infondées : la peau était solide, les coussinets largement au niveau. Bref, un joli record perso en course nu-pattes !

Prochain objectif ? Oh, allez, il se devine aisément, aussi clair que 20 et 20 font 42,195 ;) J’ambitionnais même dans mes rêves les plus fous un record de France : mais un autre est passé avant moi et a réalisé pieds nus ce que je me bats depuis 2 ans à réaliser chaussé… Quoiqu’il en soit ce sera sous les couleurs de Vaincre la Mucoviscidose, et ça, ça me tient à coeur !
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  6 Responses to “[En 2′] La Paris-Saint Germain Nu-Pattes, morceaux choisis…”

  1. Bravo Florent ! Va vraiment falloir que tu viennes nous parler du Nu-Pattisme dans @NipSports :-).
    Au plaisir de nous rencontrer.
    Ermanno

  2. conseil perso: tu devrais arreter ce trip des nu pieds, conseil perso si tu tiens à ton dos…
    y’a des chances pr que tu le regrettes d’ici quelques années.

    • Merci pour ce commentaire, qui mériterait toutefois une discussion moins anonyme :)
      De fait, je consacrerai un court article dans la semaine à cette remarque que j’ai souvent entendue, et qui montre un manque d’information sur ma technique de course.

  3. En tout cas, en vacances, je me suis prêté au Nu-pattisme (pour courir faire des photos devant les Rosalie, vous savez, ces véhicules à pédales pour 2 à 6 personnes) et résultat : le bitume chaud de Nice m’a fait gagner 2 belles cloques :-(

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