juin 272015
 

Les ultras qui ne nous tuent pas nous rendent plus fort : je commence donc à devenir sacrément costaud ! 

Je n’ai pas vu la ligne d’arrivée de ce Raid du Morbihan : c’est décevant, je pense sincèrement que j’avais les jambes pour faire une jolie performance. Mais inutile de se vanter de la théorie, mieux vaut analyser ce qui est à garder et comprendre ce qui a provoqué cet échec !

Fallait-il s’arrêter ?

Ayant beaucoup de marge sur les barrières, j’ai vraiment réfléchi avant de prendre la décision d’arrêter.
La lutte avait déjà été rude pendant 1h30 avant Larmor Baden, et 40′ sur place en appliquant la méthode généralement efficace dans ce genre de situation (soupe bien salée, coca, manger lentement un peu de salé solide) n’y ont rien fait.

Tout allait pourtant bien au 1er ravitaillement, vraiment aucune ombre au tableau.
Est-ce que cela aurait pu rentrer dans l’ordre : possible, en dormant 2-3h, mais sans certitude. Et puis… si tôt dans la course et avant le coup de froid de la nuit, je doute que j’aurais réussi à m’en dépêtrer. D’ailleurs mon état sur la suite de la soirée confirme ce parti pris.

Content…

…De la stratégie de progression

Je suis parti sans trainer à 11.3km/h de moyenne dans l’optique d’en avaler un max dans la nuit en prévision de la chaleur.
Ça, c’est du Charvin ;)

La stratégie me semble bonne : de toute façon au bout d’un moment la fatigue serait intervenue, et dans une certaine mesure je suis plus sensible au facteur temps que distance. Autant donc progresser tant qu’on le peut : si on ne s’emballe pas, ce qui est fait n’est plus à faire !

…d’avoir écouté les anciens

MERCI à Stephane le Gal et Cedric Charvin pour leurs conseils avisés ! Leurs approches très différentes m’ont permis de me faire ma propre idée, qui s’est avérée assez juste.

Je confirme ce dont ces « vétérans » (je parle de leur expérience) m’avaient averti : c’est une course très exigeante, même indépendamment de la distance. Considérer que le parcours est roulant et plat est une grosse erreur !

Fort de cette mise en garde, je n’ai dès le départ pas hésité à marcher, que ce soit dans les petites côtes (même à faible dénivelé !) et dans les passages de rochers, qui sont réellement techniques. Bref, je ne courais que lorsque le terrain était facile ! 

Et ça, c’est plutôt du Le Gal ;)

…d’avoir pris du plomb dans la cervelle

Je ne me suis jamais préoccupé du fait que je doublais des gens qui me redoublaient ensuite. Je crois que sur ce plan j’ai vraiment acquis une certaine maturité et je commence à savoir mener ma barque à mon propre rythme. Allez, j’avoue tout de même m’être un peu inquiété d’être devant la 1ère féminine !

Bref sur la stratégie de progression, je referai pareil lorsque j’y retournerai !

Estomac en grève

Sur la raison de mes soucis, j’ai pas mal surveillé mon alimentation avant et pendant la course. Ceci fait une équation assez simple à analyser.

Gestion de la chaleur

Ayant déjà été victime d’un coup de chaleur sur l’Ecotrail, j’avais pourtant pris quelques précautions : siestes à l’ombre, casquette, crème solaire. D’ailleurs ce fut payant : il est clair que ce n’est pas de cela que j’ai souffert, d’autant plus que le temps s’est voilé peu après le départ avec un peu de vent. Par ailleurs une bonne partie du parcours était en sous-bois.

Sur l’alimentation

Je suis resté simple. Alimentation facile toute la semaine (pâtes, peu de fibres sinon un peu de betterave), le matin porridge éprouvé depuis longtemps (notamment avant toute mes courses de l’année jusqu’ici), pâtes bolognaise 4h avant le départ.

J’avais prévu le coup

Dans mon sac, j’avais 

  • de quoi faire en tout 3l d’isotonique, ce qui me semble suffisant pour 24h de course. 
  • 3 gels pour parer à un coup de mou (par exemple étape plus longue so grosse fatigue). 
  • 2 Mulebar en cas de fringale
  • 1 troisième bidon vide pour le samedi si les 2x50cl à l’avant du sac s’avéraient insuffisant (chaleur)
  • 1 stock de mini-pizzas et une 10aine de cubes de parmesan pour faire un choc salé si nécessaire

Je n’ai pas utilisé ces derniers parce que je m’estimais proche du 2nd ravito ; par ailleurs je ne voulais pas épuiser mes cartouches si tôt.

…Mais alors: quoi ???

Je ne vois que 3 facteurs possibles :
1/ J’ai carburé à la poudre Isostar jaune. Si j’en ai bu beaucoup bu par le passé, je ne l’avais pas utilisée depuis un moment (je marche généralement à l’Isostar orange, faite plus spécifiquement pour les efforts longs). En tous cas lorsqu’au 20è les aigreurs ont commencé, j’avais le sentiment que c’est cela qui ne passait pas bien.
2/ Il faisait chaud, ma boisson était peut-être trop concentrée par rapport à la chaleur. L’isostar jaune est peut-être un brin plus acide que l’orange… Quoiqu’il en soit il me semble avoir bu assez d’eau. 1.5l dans l’aprem avant le départ, 1/2l d’eau au repas. J’ai vidé sur le 1er tronçon (17km/1h32) 1 bidon d’eau (1/2l) et la moitié de mon bidon d’isostar soit environ 1/2l par heure : plus que ce dont j’ai l’habitude. J’ai volontairement limité la conso en isotonique : je ne voulais justement pas me saturer l’estomac.
3/ J’ai voulu comme d’hab faire un ravitaillement flash (pas de repos, où l’on se refroidit sans vraiment récupérer). J’ai refait les pleins. J’ai mangé un peu de fromage et quelques chips pour faire un peu de salé, et suis reparti avec une compote. L’erreur manifeste est certainement de n’avoir rien bu, notamment pas de coca, alors que c’est important pour réguler l’acidité gastrique. La compote ne me semble pas non plus trop m’avoir réussi : mais vu mon état, difficile de l’incriminer…

Petit scarabée tu restes…

Il est certain que je n’ai pas fini d’apprendre sur moi-même en matière d’ultra, ce genre de problèmes me pourrit régulièrement la vie ! Je suis toutefois moins inquiet sur ce plan pour la Tarentaise : l’allure très irrégulière inhérente aux courses en montagne me semble donner un peu plus de voie à ce type d’imprécisions, même si l’altitude va jouer un rôle significatif. Et l’effort ne se gère pas de la même manière…

  5 Responses to “Ultra-Marin : et plouf dans le Golfe !”

  1. Pas simple ton affaire…

    Ce qui me vient à l’esprit en te lisant et par rapport à mes habitudes:

    Le plein (gavage) de pâtes avant un truc long j’ai fortement allégé. Sur un ultra tu finis toujours par te prendre le mur. Et les pâtes, c’est pas un peu acidifiant ?

    1,5 L l’après-midi avant la course ! Tu t’es pas noyé avant l’ultra marin ?

    Du coca pour corriger l’acidité !!!

    C’était beau sinon ? :)

  2. Tu as bu comme un trou. Je pari que c’était sans soif. Lis waterlogged de Tim Noakes et ėcoute moins les bêtises sur ce cliché qu’il faut prévenir la déshydratation en buvant des hectolitres. Et oui le coca c’est indispensable. Je suspecterais bien une hyponatremie dans ton cas.

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